Cerises de Bâle-Campagne

Bâle-Campagne se présente comme le premier canton producteur de cerises de Suisse, avec environ un tiers des cerises de table du pays et deux tiers des cerises de transformation. Ses vieux cerisiers à haute tige se font rares, remplacés par des vergers plus bas.
À la lisière d’un bois au-dessus de Liestal, un spécialiste des vergers compte les fleurs d’un cerisier sauvage sans allure. Dès qu’un cinquième s’est ouvert, la floraison commence. Depuis plus d’un siècle, cet arbre de référence dit quand fleurissent les cerisiers du Baselbiet.
Origine
Le cerisier doux n’est pas d’ici : selon le Patrimoine culinaire suisse, ce sont les Romains qui lui ont fait franchir les Alpes, et le nord-ouest du pays est devenu la région des cerises par excellence. Les vergers à haute tige doivent beaucoup au déclin de la vigne : d’après le centre agricole cantonal d’Ebenrain, quand celle-ci s’est effondrée au tournant du XXe siècle, bien des propriétaires se sont mis aux fruits. Vers 1900, un hôtelier de la région de Liestal aurait rapporté du Liban la Schauenburger. Cette variété tardive a dominé des décennies durant le marché des cerises tardives, au point d’être surnommée la « reine des cerises ».
Culture
D’après un hommage de 2016 à la Schauenburger, cité par le canton, des milliers de cerisiers à haute tige marquaient encore le paysage au début des années 1980. En 2014, il en restait environ 80 000, dont plus de la moitié dépérissaient faute d’entretien, selon le centre d’Ebenrain cité par SRF ; négligés, ils nourrissent la mouche de la cerise et la drosophile du cerisier. Leurs fruits ne se vendent presque plus, la production étant passée aux vergers intensifs ; les hautes tiges comptent surtout pour le paysage et la biodiversité.
À table
En Suisse, la cerise fraîche ne se trouve que du début de juin à la fin de juillet, rappelle la Fruit-Union Suisse. Pour la garder, on en fait confiture, sirop ou jus, ou on la met dans les gâteaux. Elle compte parmi les fruits les plus courants des tartes plates, les « Wähen », note le Patrimoine culinaire suisse.
Aujourd’hui
Le canton se présente comme le premier producteur de cerises du pays. Selon un communiqué cantonal de 2017, le Baselbiet fournit environ un tiers des cerises de table suisses et deux tiers de celles destinées à la transformation. Et les arbres fleurissent de plus en plus tôt, parfois dès mars, observait la radio publique SRF en 2019.
Sources : Patrimoine culinaire suisse, fiches « Kirsch » et « Früchtewähen » ; canton de Bâle-Campagne, centre Ebenrain, pages « Hochstammobstbäume » et « Geschichte der Schauenburgerkirsche », communiqués « Landwirtschaft beider Basel produziert Qualität » (2015) et « Mit der Kirschessigfliege leben » (2017) ; SRF, « Baselbieter Kirschbäume sind bedroht » (2014) et « Baselbieter Kirschen blühen früher » (2019) ; Fruit-Union Suisse, communiqué du 23 juin 2026.
