Petite fleur blanche à cinq pétales, qui rosissent en vieillissant, sur des feuilles charnues. Elle pousse dans les éboulis et les moraines humides, près des glaciers. C'est l'une des plantes à fleurs qui montent le plus haut dans les Alpes : on l'a trouvée en fleur à 4270 m, au Finsteraarhorn.
Au front d’un glacier, là où l’eau de fonte suinte encore entre les blocs, quelques fleurs blanches au cœur jaune se tiennent au ras des pierres, certaines déjà teintées de rose : voici la renoncule des glaciers.
Description
Haute de 5 à 20 cm d’après Info Flora, elle porte sur une tige couchée puis redressée une à cinq fleurs de 1,5 à 3 cm de diamètre. Blanches à l’ouverture, elles virent au rose ou au pourpre pendant que les fruits se forment ; le Parc national suisse note que cette teinte varie beaucoup, et manque parfois. Ses sépales, couverts de poils brun-roux, ne tombent pas une fois la fleur fanée, et les pétales non plus. Les feuilles de la base, charnues et le plus souvent glabres, sont divisées en trois segments eux-mêmes découpés.
Habitat
Info Flora la cite dans les pierriers siliceux, les moraines et les fentes de rochers, uniquement dans les Alpes et à partir de 2300 m. Elle ne s’installe que sur un sol acide, par exemple sur le plateau de Macun, dans le Parc national suisse. Elle recherche les endroits humides, bien couverts de neige en hiver. Originaire de l’Arctique, où elle pousse jusqu’au bord de la mer, elle figure chez nous parmi les fleurs qui grimpent le plus haut.
Cycle de vie
Elle vit surtout sous terre. Des botanistes de l’Université d’Innsbruck ont observé que ses feuilles et ses tiges fleuries ne restent dehors que quelques semaines, quand l’eau de fonte ruisselle le plus, et que tout ce qui dépasse du sol se fane dès que les graines sont mûres. Chaque fleur commence à se former deux à trois ans avant de s’ouvrir : la plante garde ainsi sous terre une provision de boutons. Dans l’étage nival, où il neige ou gèle environ un jour sur deux, son cycle de reproduction dure presque deux fois plus longtemps et donne moins de graines. Selon la même université, c’est la seule plante connue dont la fleur supporte de geler entièrement sans dommage.
En Suisse
La Liste rouge ne la juge menacée nulle part. Aucun texte, ni fédéral ni cantonal, ne la protège, précise Info Flora. D’après l’étude d’Innsbruck, l’essentiel de ses stations alpines se situe entre 2400 et 3200 m, mais elle dépasse 4000 m là où le relief lui offre un coin favorable. Le Parc national suisse la signale jusqu’à 4270 m, au Finsteraarhorn, et lui prête une photosynthèse bien plus productive que celle des plantes de plaine.
Sources : Info Flora, fiche de l’espèce ; Parc national suisse, fiche de la renoncule des glaciers ; Université d’Innsbruck, S. Mauracher et J. Wagner, « Flower preformation in the nival plant Ranunculus glacialis L. », Alpine Botany (2021), et article « Warum Pflanzen einfrieren, dabei aber nicht eingehen » (2019).