De bleu de bleu !
français de Genève
Se dit à Genève
Ça alors !
De bleu de bleu !, c’est l’étonnement à la genevoise : d’après le Wiktionnaire, l’interjection dit la surprise. D’après Wikipédia, les vieux jurons du français étaient souvent des blasphèmes, qu’on déformait pour cacher le nom divin : dans morbleu ou palsambleu, bleu remplace Dieu, et l’on jure en fait par la « mort Dieu » ou le « sang Dieu ». Le Wiktionnaire range de bleu parmi ces atténuations, avec sacrebleu ou parbleu, où bleu prend la place de Dieu pour éviter de blasphémer.
Le juron n’appartient pas qu’à Genève. Un sujet du journal de la RTS le dit typiquement genevois, tout en précisant qu’on l’entend aussi hors du canton ; le Wiktionnaire, lui, le classe simplement en Suisse et lui connaît une variante, nom de bleu.
À Genève, le bleu avait déjà un lien avec la surprise. En 1852, le Nouveau glossaire genevois de Jean Humbert donne à l’adjectif bleu le sens de « surpris, stupéfait », et le Glossaire des patois de la Suisse romande reprend cet emploi, qu’il signale aussi en français populaire. Aucune de ces sources ne relie ce bleu-là au juron : c’est nous qui les rapprochons, et rien ne prouve qu’ils soient parents.
Deux exemples écrits pour la page :
Sources : RTS, 12h45, « Genève est connue pour son fameux juron “De bleu de bleu” » ; Wiktionnaire, « de bleu », « bleu », « sacrebleu » et « parbleu » ; Wikipédia en français, « Juron » ; Jean Humbert, Nouveau glossaire genevois (1852), « bleu » ; Glossaire des patois de la Suisse romande, « bleu » (tome II, p. 420).