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Bölletünne

Neunkirch, canton de Schaffhouse

La tarte aux oignons de Schaffhouse, une pâte fine couverte d'oignons fondus, de lard et d'une crème aux œufs. On la mange chaude avec une salade, de préférence à midi, et surtout le vendredi.

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Vendredi, à Schaffhouse. Sur le comptoir d’une boulangerie, une grande tarte ronde attend le couteau ; sous la crème dorée, on devine les oignons. On l’achète entière ou par parts, pour le repas de midi.

Origine

Le nom se lit en dialecte : « Bölle », ce sont les oignons ; « Tünne », la tarte. D’après le Patrimoine culinaire suisse, le nord-est du pays dit « Tünne » ou « Dünne » là où Zurich et Bâle disent « Wähe », et le mot vient de « dünn », mince, à l’image de cette tarte plate. Ces tartes sont nées à la maison, le jour où l’on cuisait le pain. On raclait la pâte restée dans le pétrin, on l’abaissait en galette, et on la garnissait de ce qu’on avait sous la main : fruits, légumes, laitages ou lard. La tarte à l’oignon elle-même est attestée en Alsace dès le XVIe siècle ; en Suisse, on la trouve imprimée en 1853, dans la traduction française d’un livre de cuisine bernois.

Fabrication

La recette publiée par SWI swissinfo.ch part d’une pâte brisée : farine, sel, beurre froid émietté, eau froide ajoutée peu à peu, sans pétrir, puis une demi-heure de repos. Les oignons, coupés en fines rondelles, fondent au beurre avec des dés de lard. La pâte, abaissée en rond et piquée à la fourchette, reçoit ce mélange, puis une crème battue avec deux œufs, un peu de fécule, du sel et du poivre. Il reste quarante minutes de four à 180 °C. D’autres recettes ajoutent du lait, du persil ou de la muscade, note le Patrimoine culinaire suisse.

À table

À Schaffhouse, dit SWI swissinfo.ch, on la sert chaude, avec une salade, de préférence à midi. Le Patrimoine culinaire suisse ajoute qu’on la mange surtout le vendredi. Longtemps jour maigre, il est resté dans une bonne partie de la Suisse alémanique celui des tartes : c’est alors que les boulangers en cuisent le plus. Selon la même fiche, les gâteaux salés se prennent aussi à l’apéritif.

Aujourd’hui

Le Patrimoine culinaire suisse ne lui consacre pas de fiche : il la range avec les autres gâteaux salés. On en cuit partout, à la maison, chez le boulanger ou au restaurant, et on les achète toujours plus souvent par parts. Depuis les années 1970, des versions à l’épinard, au brocoli ou à la tomate leur font concurrence. Schaffhouse garde pourtant sa réputation : sa tarte aux oignons passe pour une spécialité de la ville.

Sources : Patrimoine culinaire suisse, fiches « Gâteaux salés » et « Früchtewähen » ; SWI swissinfo.ch, calendrier de l’Avent 2019, « Türe Nummer 21: Kanton Schaffhausen ».