Grande plante qui peut dépasser un mètre, aux fleurs jaunes en étoile disposées en étages le long de la tige, au-dessus de larges feuilles nervurées. Elle pousse dans les pâturages et met près de dix ans à fleurir. Sa racine amère sert à distiller une eau-de-vie et des liqueurs de montagne.
En juillet, sur un pâturage du Jura, de hautes tiges dépassent nettement l’herbe broutée. À chaque étage, un bouquet d’étoiles jaunes se serre au creux de deux larges feuilles bleutées : c’est la floraison de la gentiane jaune.
Description
D’après Info Flora, sa tige creuse et sans ramification mesure 50 à 120 cm ; swissinfo parle même de 150 cm pour les plus grandes. Les feuilles vont par paires, face à face, sans pétiole. D’un vert tirant sur le bleu, larges de 5 à 15 cm, elles sont parcourues de cinq à sept nervures saillantes qui se rejoignent à leur pointe. Les fleurs se rassemblent par trois à dix contre les feuilles supérieures. Leur corolle jaune se partage en cinq ou six lanières étroites de 2 à 3 cm, unies seulement à la base et ouvertes en étoile.
Habitat
C’est une plante du calcaire. Info Flora la décrit dans les pâturages de montagne et les prairies grasses, de l’étage montagnard au subalpin, dans les Alpes, les Préalpes et le Jura. Selon swissinfo, elle prospère vers 1000 m d’altitude sur les sols calcaires de l’Arc jurassien, dont elle est devenue l’emblème.
Cycle de vie
La gentiane jaune prend son temps. Selon swissinfo, elle peut vivre une cinquantaine d’années et ne fleurit qu’après une dizaine. Sa floraison s’étend ensuite de juin à août. Sous terre, sa racine amère peut atteindre 1,5 m de long pour 10 cm d’épaisseur, et peser 5 kg, voire 7. Remède connu depuis l’Antiquité, elle n’est arrachée, au croc et à la main, qu’à partir de sept à dix ans d’âge.
En Suisse
La Liste rouge ne la juge menacée dans aucune région du pays. La Confédération ne la protège pas, mais douze cantons le font, dont neuf entièrement, selon Info Flora. Sa racine sert aussi à faire de l’alcool, et Neuchâtel en livre la plus ancienne mention suisse, en 1796. Pour obtenir entre 5 et 7 litres de cet alcool, il faut distiller une centaine de kilos de racine ; moins de dix distilleries, jurassiennes ou préalpines, en produisent encore, rapporte swissinfo. On le surnomme la « fée jaune », d’après la teinte des fleurs.
Sources : Info Flora, fiches de la gentiane jaune et du vératre blanc (d’après Flora Helvetica) ; swissinfo.ch, « La gentiane, la fée jaune du Jura suisse » ; Centre antipoison de Lyon, Toxicologie analytique et clinique, 2023.