Fleur jaune orangé aux pétales un peu ébouriffés, sur une tige portant une ou deux paires de feuilles opposées. Elle pousse dans les pâturages maigres aux sols acides. Utilisée depuis longtemps pour soigner les coups et les bleus, elle est aujourd'hui protégée dans plusieurs cantons.
Fin juin, au-dessus de la forêt, un pâturage maigre où domine le nard se couvre de taches orange. Au-dessus de l’herbe rase se dressent de grandes fleurs aux languettes un peu en désordre : l’arnica des montagnes est en fleur.
Description
Sa « fleur » est en réalité un capitule : de minuscules fleurs en tube au centre, des fleurs en languette autour, toutes d’un jaune orangé. D’après Info Flora, il mesure 4 à 6 cm de large, parfois 8, et la plante 20 à 60 cm. Les feuilles de la base, entières et sans pétiole, forment une rosette ; la tige glanduleuse, souvent divisée en deux rameaux vers le haut, ne porte qu’une ou deux paires de feuilles face à face. On tire de ces capitules des préparations pour la peau, que l’Agence européenne des médicaments admet contre les bleus, les entorses et les douleurs musculaires, sur la foi d’un long usage plus que d’essais cliniques probants.
Habitat
L’arnica recherche les sols acides et pauvres. Info Flora la signale dans les prairies, les pâturages et les terrains acides détrempés, et la rattache aux pâturages maigres où pousse le nard. En Suisse, on la trouve dans les Alpes et les Préalpes, surtout aux étages subalpin et alpin, et ponctuellement dans le sud du Jura, vers Neuchâtel.
Cycle de vie
Vivace, elle passe l’hiver sous forme de bourgeons au ras du sol et fleurit de juin à août. Ses akènes, de 6 à 7 mm, portent une aigrette de soies jaunâtres, mais ses graines ne vont guère au-delà de quelques mètres et ne forment pas de réserve dans le sol, selon le Musée national d’histoire naturelle du Luxembourg. La plante vit longtemps et s’étend par ses rhizomes : plusieurs rosettes peuvent n’être qu’un seul individu. Incapable de se féconder elle-même, elle a besoin de nombreux partenaires ; le musée juge qu’une population n’est viable qu’à partir d’environ 500 individus.
En Suisse
La Liste rouge nationale ne la juge pas menacée, mais sa version régionale de 2019 la dit en danger critique dans le Jura et sur le Plateau. Neuf cantons la protègent : entièrement Neuchâtel, Zurich et Appenzell Rhodes-Intérieures, en partie Berne, Fribourg, Glaris, Obwald, Appenzell Rhodes-Extérieures et Saint-Gall. Le musée luxembourgeois cite ses principales menaces : prés engraissés ou chaulés, mais aussi pâturage et fauche tardive abandonnés, sans lesquels ses plantules meurent.
Sources : Info Flora, fiche de l’espèce (d’après Flora Helvetica) ; Musée national d’histoire naturelle du Luxembourg, plan d’action pour l’arnica (2009) ; Agence européenne des médicaments, résumé public sur la fleur d’arnica (2016).